La 10e édition du festival de musique bantou qui s’est déroulé à Yaoundé du 10 au 15 novembre 2008 a  donné lieu à une présentation des  étapes de l’évolution de ce rythme quarantenaire, et de son passage du mode traditionnel au mode moderne. 

Après la messe d’action de grâce dite en ouverture du festival, mardi s’est tenue une table ronde à l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic). Sous le thème : “ Le bitkusi d’hier à aujourd’hui, quelle évolution ? on a écouté Stella Engama et Jean Maurice Noah, écrivain du livre “ Le bitkusi du Cameroun ”. Selon Stella Engama, “ le bikutsi, loin d’être une danse, est une locomotive de transmission de messages. C’est pourquoi, nombreux de nos artistes choisissent aujourd’hui de chanter en français ”. Pour Jean Maurice Noah, l’on profite de cette édition du festi bikutsi pour célébrer le quarantenaire du bikutsi moderne. Selon lui, l’évolution du bikutsi s’est faite en quatre décennies. 

De 1960 à 1970, c’est le temps des pionniers avec les fang béti. C’est juste le vocal musical immatériel. 

1970-1980, c’est la maturation technique et orchestrale du bikutsi. “ Pour la première fois, on a introduit des instruments modernes grâce à l’évolution technologique. C’est l’année des Messie Martin, Golden 100, Elanga Maurice, Paul Zanga, etc. ”, rappelle-t-il.
Entre 1980 et 1990, c’est l’éclosion ou la “ bikutsimania ”. La musique prend une ampleur internationale et rivalise d’adresse avec les autres musiques à l’instar du Kwasa kwasa, la rumba. C’est l’époque des artistes tels que Jean Marie Ahanda, Ange Ebogo Emérand, Les têtes brûlées, Nkodo Sitony… 
La décennie 90-2000 est baptisée décennie de crise. A cause de l’amateurisme des artistes et la concentration des rôles, la naissance de la piraterie d’où la précarité économique et l’exil des opérateurs en Europe pour trouver fortune. “ L’avènement de la programmation assistée par ordinateur (Pao), la monotonie et la sclérose rythmique tuent le bikutsi originel. Enfin, il y a l’existence d’une équipe nationale de bikutsi faisant un travail à la chaîne ”, argumente Jean Maurice Noah. Et d’ajouter : “ De 2000 à nos jours, on dénote un manque de feeling, le urban bikutsi naît, les cabarets deviennent rares et les meilleurs s’installent en Europe ”. C’est pourquoi, “ le bikutsi d’antan est mort. Les producteurs ne sont plus stricts sur le genre parce qu’ils sont des hommes d’affaires. Ils veulent ceux qui font foule. Les moralistes n’ont plus de place ”, affirme Augustin Charles Mbia, modérateur.

Une tentative de mise en commun des contributions situées à des échelles d’expression diverses qui viennent enrichir le débat au sujet de la quête et l’affirmation d’une identité commune à des communautés éparses.

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