Archive de la catégorie ‘Interviews’

Entretien avec Puis Njawe :  » On ne s’en sort pas en vendant les journaux à 300 Fcfa »

Dimanche 29 juin 2008

Le Directeur de Publication  du Messager explique les raisons qui ont conduit à la décision d’augmenter le prix.

N’y a-t-il pas à craindre que l’augmentation du prix des journaux se révèle suicidaire pour la presse dans un contexte où la vente des journaux est faible et le pouvoir d’achat de la population très bas ? 

Puis Njawe : lorsque l’idée d’augmenter le prix des journaux, pour faire face aux charges devenues insupportables, a germé dans les esprits, je me suis inscrit en faux contre cette démarche, parce que je partageais les même appréhensions que vous. Le pouvoir d’achat des camerounais leur permet à peine d’acheter leur pain quotidien, à plus forte raison un journal, qui apparaît comme un objet de luxe dans notre société. Je suis resté campé sur cette position pendant très longtemps. C’est sans doute pour cette raison que l’augmentation n’a pas été décidée plus tôt. Cela aurait pu se faire depuis le début de cette année. J’ai dit que le Messager n’augmentera pas les prix, tant que la situation demeure la même. Il y a eu une évolution avec la revalorisation des salaires des fonctionnaires en avril. Je me suis dit pourquoi pas aujourd’hui ? On peut se le permettre.  

Doit-on entendre par là que l’augmentation des prix des journaux ne se justifiait pas à un certain moment ? 

 

Puis Njawe : pas du tout. Les charges de production sont telles que même en vendant les journaux à 300 Fcfa, on ne s’en sort pas. Le coût de production d’un journal comme Le Messager est de 370 Fcfa. Nous le revendons à 300 Fcfa. En espérant pouvoir combler le gap avec des recettes publicitaires qui elles aussi ont considérablement diminué du fait de la crise économique et de la pression fiscale qui est exercée sur les entreprises. Les budgets publicitaires des entreprises ont été revus considérablement à la baisse. Le peu qui reste est donné prioritairement aux médias audiovisuels que sont la télévision et la radio. La presse écrite est le parent pauvre. Personne n’a intérêt aujourd’hui à ce que la presse disparaisse, parce qu’elle ne peut pas faire face à ses charges quotidiennes.

L’augmentation du prix peut-elle, à elle seule, résoudre les problèmes de la presse ?

Non. Il me semble que les journaux vont perdre une bonne partie de leur lectorat à cause de cette augmentation. Mais je reste convaincu que les choses vont s’améliorer progressivement, quand les gens vont comprendre qu’ils ne peuvent pas se passer des journaux. C’est un pas qu’il faut malheureusement franchir pour faire face aux problèmes actuels et assurer la survie de la presse.

 

L’autre solution n’aurait-elle pas consisté à baisser les marges du distributeur et des diffuseurs ?

Puis Njawe : je ne pense pas. On signale que Macacos qui imprime la plupart des journaux va revoir à la hausse ses prix d’impression. D’autre part, Messapresse envisage d’augmenter sa marge sur les prix des ventes des journaux. Qui va payer la note ? C’est le consommateur. Tout cela n’augure pas des lendemains qui chantent. C’est pourquoi je pense que nous devons continuer la réflexion sur comment faire pour trouver d’autres sources de financement pour la presse qui est dans un contexte général essentiellement déficitaire.

 

Qu’elles sont les sources de financement qui mériteraient d’être explorées  au Cameroun ?    

Puis Njawe : c’est là qu’il faut regretter au Cameroun, le fait que le gouvernement n’encourage pas ce que nous avons appelé à l’association mondiale des journaux, la convergences, qui consisterait à encourager au sein des entreprises de presse, diverses initiatives qui embrassent tous les domaines de la communication sociale pour que les secteurs qui marchent à savoir la radio et le télévision puissent financer la presse écrite.

Ça suppose un toilettage de la loi sur la liberté de la communication sociale au Cameroun. Cette loi est archaïque. On ne peut pas embrigader les entreprises de presse de cette manière là. Ça va faire l’objet de notre prochain combat au sein de l’association mondiale des journaux.

Qu’en est-il de la convention de florence qui consacre la défiscalisation des intrants dans la production des journaux, dont l’application tarde à être effective au Cameroun ?

Pius Njawe: Il faut que l’Etat finissent quand même par  respecter cette convention. Depuis près de 20 ans nous nous battons dans ce sens. Quand Justin Ndioro était ministre de des finances, j’avais conduis une délégation d’éditeurs qui est allée le voir pour que cette convention soient respectée. Il avait engagé une démarche qui a fait long feu. Le principal fournisseur de papier à l’époque, avait trouvé le moyen de réajuster son prix dès la semaine d’après pour éviter que les retombées du respect de cette convention ne profitent aux entreprises de presse. L’Etat a une obligation régalienne dans la survie des médias. Si on ne reconnaît pas aux médias un rôle d’utilité publique, il faut que l’Etat se décarcasse et donne de l’argent sous forme de subvention aux entreprises de presse, pour faire face à leurs difficultés et assumer leur rôle de service public. C’est une obligation. Ce n’est pas une faveur. Vous me direz qu’il y a une aide publique à la presse.

Que vous boudez… 

Puis Njawe : que je boude effectivement parce que ce n’est pas ce que nous attendons du gouvernement. Nous n’attendons pas qu’on nous gratifie de quelques subsides comme si nous étions des mendiants. Non je refuse cela. L’aide publique à la presse telle qu’elle est conçue au Cameroun aujourd’hui ressemble d’avantage à la distraction des fonds publics au profit de quelques copains et non à une véritable aide aux entreprises de presse. Ça s’apparente à un fourre-tout, où on retrouve tout le monde, aussi bien les entreprises de presse que les imprimeries commerciales, les agences de communications et les régies publicitaires et autre. La presse est et demeure la presse. Je comprends qu’à l’époque un ministre ait voulu faire profiter ses entreprises écrans. Mais nous ne pouvons pas cautionner cette forme de détournement de deniers publics.

 

 

Par Jacques Bessala Manga   

Pour Le Jour

Lydia Cacho Ribeiro : La visibilité internationale est un bouclier pour les journalistes menacés

Dimanche 11 mai 2008

cacho01250.jpg Lydia Cacho Ribeiro (45 ans), est journaliste indépendante et directrice d’un centre d’assistance aux femmes maltraitées à Cancun. Lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO–Guillermo Cano 2008, elle répond aux questions de Lucía Iglesias (UNESCO).

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INTERVIEW : EKAMBI BRILLANT

Jeudi 10 avril 2008

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Pourquoi avoir choisi de fêter le 36e et non le 35e ou le 30

Il n y a pas de raison particulière à cela. C’est plutôt une question de préparation. Au moment de mes 35ans de carrière, je n’étais pas prêt, que ce soit physiquement, matériellement ou psychologiquement. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose en 2007, la 40e année de carrière étant un peu loin. 

Qu’attendez vous du public et que peut-il attendre de vous ? 

Je vais d’abord lui proposer de découvrir tous les gadgets qui m’ont accompagné durant mes 36 ans de carrière. J’ai tout gardé, vous verrez. Et je voudrais que les gens voient bien comment cette carrière s’est déroulée. Je n’ai pas évolué dans la musique au hasard. J’ai bâti ma carrière au fur et à mesure que j’acquérais de l’expérience. 

Et comment ça se passe pour vous ? 

Je joue. J’ai un agent qui me fait tourner. J’ai mon orchestre de musiciens à Paris et des rendez-vous que j’honore. Côté production, j’ai l’album « Muenya Kol » qui est sorti il y a presque un an et demi. Je suis en train de rassembler les moyens pour l’accompagner de toute la promotion qui s’impose. Et en ce moment, je suis en studio avec Slim Pezin pour refaire un album. Donc, il y a des choses qui se préparent. 

Est-ce à dire que Ekambi Brillant n’est pas trop vieux pour ce métier ? 

C’est maintenant que ça commence. Henri Salvador a 86 ans, Charles Aznavour en a 85 et Manu Dibango 76. Je ne suis qu’au début de ma carrière, monsieur ! 

Propos recueillis par Alliance Nyobia (Cameroon-Tribune

Youssou Ndour : « je suis devenu un pont »

Mercredi 9 avril 2008

youssoundour.gif En pleine  promo de « Rokku mi Rokka » son dernier album, le chanteur sénégalais dit vouloir garder sa liberté de création. 

Source : Africultures.com

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Richard Bona présente « Bona makes you sweat »

Samedi 22 mars 2008

« La musique est le monde parfait, si notre vie avait le reflet de la musique, on vivrait dans un monde parfait. » 

camerounlink.jpg Le bassiste, vocaliste, auteur-compositeur, interprète, vient de commettre un nouvel album live, Bona makes you sweat , sortie le 11 Mars 2008 chez Universal Jazz. Il s’agit de l’enregistrement du concert qu’il a donné le 12 juillet 2007 à Budapest (Hongrie). A l’occasion de sa sortie, l’artiste entame une tournée en France, et a fait un arrêt dans les studios de Rfi (radio France internationale), le vendredi 21 mars 2008. Nous vous proposons un extrait de l’interview accordée à Joe Farmer dans L’épopée des musiques noires****. Richard Bona annoncepar ailleurs la sortie prochaine de twleve sheets of blues. 

Joe Farmer : avant d’évoquer votre actualité, j’aimerais revenir sur ce concept de bonatologie. Est ce que nous pouvons tous être des bonatologues ? Richard Bona : ouais, si on le veut,
la Bonatologie en fait c’est simplement l’art d’aimer et respecter. Aimer tout le monde et respecter tout le monde 

Joe Farmer : est ce qu’on peut considérer que vos prestations réunissent les meilleurs bonatologues de la planète ? Richard Bona : oui, sans aucun doute, c’est évident. 

Joe Farmer : votre dernier album live est donc une excellente introduction à la bonatologie. Plus sérieusement, vous ne cessez de tourner à travers la planète depuis bientôt quinze ans, est ce que la scène est un espace de création, est-ce qu’on innove, est ce qu’on avance, est-ce qu’on compose sur scène ? Richard Bona : ben, on innove, on compose aussi sur scène, on compose avec le public, on compose avec les musiciens, on compose avec le moment aussi. Oui on innove sur scène, et moi je suis plus un joueur que quelqu’un qui  va rester en studio, donc du coup le live, la scène c’est ma maison. 

Joe Farmer : est ce que les concerts que vous donnez sont formatés, savez-vous avant de monter sur scène, quel sera le programme, la manière dont vous allez interpréter le morceau, et comment vous allez vous comportez face au public ? Richard Bona : la manière d’interpréter les morceaux, oui. Mais comment on va se comporter face au public, ça on ne sait pas. On essaye de déconner sur scène. Quand on arrive à Tokyo, on joue devant un public très discipliné et calme, bon, on essaye quand même de le respecter en restant dans la même mouvance. Maintenant, quand on joue à Budapest, à Copenhague, à Paris, ou même en Afrique, on se comporte différemment. Donc, c’est  toujours un beau spectacle que l’on fait avec le public et les artistes. 

Joe Farmer : parmi les titres qui sont présents sur cet album live, est qu’il y a des improvisations, des choses qui n’étaient absolument pas prévues au programme, on se le demande parce qu’on vous entend faire des choses absolument inattendues sur Jombwe et I wish une reprise de Stevie Wonder. Richard Bona : ce n’était pas prévu, mais c’était répété. Dépendant de si le public est vraiment « in », si ils sont vraiment partant pour. Si on veut le garder « up tempo », on rajoute derrière  I wish  de Stevie Wonder et ça vient rajouter une bonne vibe au concert. 

Joe Farmer : on dit souvent que la scène est le meilleur moyen de découvrir un artiste, est ce qu’un album enregistré en public, reflète vraiment ce qui s’est passé sur scène, ou alors ce n’est qu’un échantillon? Richard Bona : noon ce n’est pas un échantillon ! Lorsqu’on écoute mon album, on peut se replonger dans l’ambiance du concert, même si on n y a pas été quoi ! Et je pense que ce soir là, on a bien joué, le public était chaud. Au niveau du mixage, j’ai voulu le garder comme c’était, il y a des moments, le public cri tellement fort, on a voulu souvent baisser, on a eu du mal parce que les micros sont ouverts sur scène et le public est proche là-bas -c’est en fait une grande péniche en bordure du Danube- le public étant proche, quand il se met à crier très fort, eh bien, les micros sur scène enregistrent. Du coup le public, des fois était plus fort que la musique, j’ai eu souvent du mal à entendre le batteur compter pour me donner le début du morceau. Pete (le technicien) m’a demandé si je ne pense pas qu’on pourrait couper les sons en provenance du public, mais je lui ai dit que c’est ça l’ambiance live, il faut les laisser, j’ai voulu garder la ferveur, le live et revivre çà. Même si, il y a des plages où je me dis waouh ! Le public  est tellement fort que je l’entends beaucoup plus que la musique mais, en même temps, je me dis, j’ai fait le bon choix! 

Joe Farmer : un album live, est ce que c’est une nouvelle étape ou un souvenir ? Richard Bona : c’est plus un souvenir pour moi. C’était plus pour satisfaire mes fans, parce qu’à chaque fois après les concerts, moi j’ai cette manie de distribuer les autographes et,  à remercier les gens pur être venus me voir et être venus voir le band, car il ne faut pas oublier, on fait des salles pleines partout, mais les gens ont encore le choix, ils peuvent aller au cinéma, aller en boîte, ou écouter notre musique chez eux, autours d’un repas, et ne pas venir nous voir, mais ils choisissent de venir vous voir, et donc moi, j’aime aller remercier les gens rien que pour le fait qu’ils soient venus me voir. Cà mérite que j’aille les serrer la main, alors à chaque fois je croisais des gens qui me disaient, « c’était bien et j’aimerais tellement avoir ce concert sur tape ou sur Dvd ou sur disque », l’idée m’est alors venue d’enregistrer ce live. 

Joe Farmer : une fois que l’on a enregistré on fait un bilan sur tout ce qui s’est passé, on se dit, on passe à la prochaine étape ? Richard Bona : C’est un peu ça ouais, et mon prochain album, il est fini, je l’ai fini avant-hier (rire), sont titre : twelve sheets of blues  

Joe Farmer : on va partir dans un univers très roots ? Richard Bona : en voyageant autours du monde, j’ai fini par comprendre que tout le monde a son petit blues, en France, la nouvelle Orléans, le Mississipi, en Afrique… donc j’ai essayé de mélanger un peu tout ça dans un album, et cela a donné twelve sheets of blues et si seulement c’étaient dix pièces je l’appellerai alors  « ten sheets of Blues », mais attention, le titre est déjà protégé (rire), avis donc à ceux qui veulent le pirater,
la Sacem a déjà tout ça enfermer dans un coffre. 

Richard Bona présente « Bona makes you sweat » (2)

Samedi 22 mars 2008

Le bassiste, vocaliste, auteur-compositeur, interprète, vient de commettre un nouvel album live Bona makes you sweat  sortie le 11 Mars 2008 chez Universal Jazz. Il s’agit de l’enregistrement du concert qu’il a donné le 12 juillet 2007 à Budapest (Hongrie). A l’occasion de sa sortie, l’artiste entame une tournée en France, et a fait un arrêt dans les studios de Rfi, le vendredi 21 mars 2008. Nous vous proposons un extrait de l’interview accordée à Joe Farmer dans L’épopée des musiques noires****. Richard Bona annoncepar ailleurs la sortie prochaine de twleve sheets of blues. 

chconcept.jpg Joe Farmer : on peut déjà savoir qui il y aura sur cet album ? 

Richard Bona : euh noon… en fait je n’ai pas encore de guests dessus, mais il y a des surprises, beaucoup de surprises, mais c’est en fait twelve sheets of Blues  

Joe Farmer : est ce que l’époque du petit Richard qui découvrait le balafon à l’âge de trois ans, vous paraît lointaine ?

Richard Bona : non. J’ai arrêté de vieillir à cet âge là, et je suis resté jusqu’aujourd’hui le p’tit gamin de Minta*. Joe Farmer : avec le recul aujourd’hui, est ce que vous vous dites que vous étiez prédestiné à vivre cette vie là ?  Richard Bona : je dirais oui. Je dis souvent que la musique est venue à moi, je ne suis pas allé chercher la musique, elle est venue toquer à ma porte. Je suis né dans un village où il n y avait ni radio, ni télé, rien du tout. La musique que tu écoutes en ce moment là, c’est celle que les gens chantent. Moi j’écoutais les cantiques du village, à l’occasion de deuils, de baptêmes ou de mariages…l’église était le lieu de rencontre des musiciens, il n y avait pas de boîtes de nuit, c’était le seul endroit où vous pouviez rencontrer des musiciens, apprendre et partager quelque chose quoi. J’y allais et participait. Mercredi et vendredi, c’étaient les répétitions et, Dimanche à la messe, c’était l’apothéose (rire), ah ouais ! Et pour moi, le dimanche, c’était mon Olympia. Et donc aujourd’hui, quand on me dit, tu es passé à l’Olympia, qu’est ce que ça te fait ? Je dis et ben, moi j’étais déjà à l’Olympia quand j’avais 5 ans ! C’est vrai, le dimanche quand on allait jouer, il fallait être propre, bien sapé (rires)… 

Joe Farmer : avec vos confrères afro américains, vous parlez souvent de ces similitudes entre les destinées africaines et noires américaines ? 

Richard Bona : ah ben oui, et pas seulement aux Etats-Unis, même au Brésil, voilà pourquoi l’album Tiki, je l’ai enregistré au Brésil et je me souviens une fois j’étais avec un ami, Gioma Gomez à Bahia, on a vu un groupe qui jouait et chantait, une dame en robe de mariée qui recevait des cadeaux et je lui ai demandé « qu’est ce que c’est ? »,  Il m’a dit « mais c’est la famille du marié qui apporte des cadeaux », la dot quoi. C’est pareil en Afrique. Lui, il est né au Brésil, il ne s’est pas rendu compte de la similitude, mais moi ça m’a tout de suite transporté vers l’Afrique. 

Joe Farmer : vous êtes aujourd’hui l’un des musiciens les plus sollicités dans l’univers du Jazz, est ce que c’est une position confortable ou finalement très éprouvante ?  Richard Bona : c’est souvent éprouvant des fois, puisqu’il y a beaucoup de choses à faire, mais en même temps, c’est confortable. Dans cette épreuve on a toujours comme un plaisir, c’est pour cela qu’on a travaillé aussi dur pour arriver là. C’est gratifiant, un vrai challenge quoi ! Et moi,  j’aime les challenges, i love to challenge myself ! C’est pourquoi je passe beaucoup de temps à jouer. Moi, je dors encore des fois avec ma basse (rires)…des fois mon fils vient, il est jaloux, il me prend la basse, il va la mettre de l’autre côté et il vient se coucher près de moi et me dis qu’il ne vas jamais laisser cette basse prendre sa place ! Tu vas penser que je suis pire, ben non ! Mike Stern -je te jure, je ne peux pas arriver à ce point moi- lui, il a carrément une pièce chez lui où il s’enferme des jours, il ne sort pas, commande à manger là…en même temps pour arriver à jouer comme Mike, il faut passer beaucoup de temps à travailler, le don s’accompagne bien du travail. Quand on est doué et qu’on est travailleur, eh bien on excelle. On peut alors jouer avec n’importe qui, même parmi les plus grands. Et même quand on est fatigué, la performance est toujours d’un niveau appréciable, mais je pense que tout se résume maintenant au fait qu’il faut toujours travailler, il ne faut jamais se lasser, il y a toujours tout à apprendre  de la vie. Des gens comme Mike Brecker, chaque fois que je le voyais, il était toujours en train de travailler, jouer des choses étonnantes, et quand je lui dis « mais c’est quoi ça ? », il me dis « ouais, ç’est une suite indienne », après une autrefois je le vois, il me dit « ah ouais ouais, je travaille sur des mélodies bulgares », toujours en train d’aller chercher des choses qui ne sont même pas dans leur rayon d’activités. Il est vendeur de pommes, mais à chaque fois, il est toujours aux leechee, il est aux melons, et tout jeune lorsque je voyais ça, je me disais, ah c’est donc ça ! Je vois pourquoi ces gens excellent ! Miles** était comme ça, Pat***, il est comme ça, Bobby McFerrin c’est ça, ils vont toujours chercher vers d’autres choses, et c’est ce que j’essaye de faire, car j’ai compris que c’est où est la clé, aller chercher vers la différence. La musique est l’école, de la vie, la musique est exactement le reflet de la vie. La musique est le monde parfait, si notre vie avait le reflet de la musique, on vivrait dans un monde parfait. 

*Minta est l’arrondissement (région) d’origine de Richard, un ensemble de petits villages situés à l’Est du Cameroun, il y est né en 1967. **Miles Davis (26 mai 1926-28 septembre 1991) fut à la pointe de presque toutes les évolutions du jazz. Il s’est particulièrement distingué par sa capacité à découvrir et à s’entourer de jeunes talents.

 ***Pat Methen (Patrick Bruce Metheny) né le 12 août 1954 à Lee’s Summit dans le Missouri aux États-Unis, est un guitariste américain de jazz et leader du Pat Metheny Group. 

****Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite les héros d’une étonnante histoire qui, pas à pas, a construit l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du XXe siècle: la black music. A partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, L’épopée des musiques noires donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui. Présentation: Joe Farmer/ Réalisation :Nathalie Laporte  Quelques Dates de Richard Bona 

Le 30 mars au Jazz Café, Londres, Royaume-Uni-Le 31 mars au Bataclan de Paris, France-Le 03 avril à l’ Auditorio de Tenerife – Espagne-Le 11 avril au Quasimodo Jazz Club de Dortmund, Germany-Le17 avril au Royal Theatre de Stockholm, Suède Le 18 avril au Dunkers Kulturhus de Copenhage, Danemark-Le 29 avril Basel, Suisse-Le 23 avril au Victoria Club, Utrecht, Hollande-Le 22 avril au Tivoli de Helling, Amsterdam, Pays-Bas-Le 17 mai à Accra, Ghana ….Pour plus de détails voir le site de l’artiste : www.bonatology.com 

ENTRETIEN AVEC YOUSSOU N’DOUR

Samedi 9 février 2008

 Extraits de l’interview de Rémy Pellissier et Mathieu Durand pour Evene.fr - Septembre 2007

 A la sortie de son huitième album ‘Rokku Mi Rokka (Give and Take), le prêtre du Mbalax(1) s’est livré pour donner aux mélomanes la quintessence de la couleur et du message de ce bébé, mais aussi de ses premières expériences au cinéma…ce qui confirme l’éclectisme de cet artiste de l’ouverture, cité comme l’une des personnalités les plus  influentes du monde selon le magazine Times.

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ENTRETIEN AVEC TIKEN JAH FAKOLY

Samedi 29 décembre 2007

tikenjahevenefr.jpg Boris Norbert et Rémy Pellissier l’ont rencontré. Détendu et sympathique, Tiken Jah Fakoly, icône du reggae en Afrique et en Europe, se livre. Il revient sur son parcours, son succès, les messages qu’il délivre dans ses chansons, et la situation en Afrique aujourd’hui. Entretien à coeur ouvert…

Paru sur : www.evene.fr

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Entretien avec GINO SITSON

Dimanche 2 décembre 2007

g2.jpg Nous l’avons croisé par surprise dans un cabaret de Douala où il passe des vacances après une tournée en Amérique centrale. Nous avons saisi l’occasion. Un rendez-vous dans les studios de RTM radio, et pour vous, Gino s’est livré.

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ENTRETIEN AVEC YVETTE BASSEGA

Lundi 8 octobre 2007

yvette20pictures200121.jpgQuand on va à sa rencontre, c’est un îlot de douceurs, de sincérité et de simplicité que l’on visite. Elle a du talent, elle a surtout des convictions. L’épi d’or de la chanson universitaire en 2003 vient de commettre un album qui reflète tout ce qu’elle est. C’est-à-dire, elle-même. Tout simplement. 

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